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Droit à l’oubli au Canada et IA : peut-on vraiment disparaître d’Internet ?
Le droit à l’oubli au Canada pose une question de plus en plus importante : peut-on faire disparaître des informations de Google, des réseaux sociaux et des réponses générées par l’intelligence artificielle ?
En 2017, Isarta Infos m’interviewait au sujet du nettoyage de réputation sur les réseaux sociaux. À l’époque, l’essentiel du travail consistait à analyser les résultats de Google. En 2026, une nouvelle dimension s’est ajoutée : les outils d’IA peuvent résumer et rapprocher différentes informations publiques.
La question n’est donc plus seulement de savoir ce qui apparaît sur la première page de Google. Il faut également comprendre comment notre histoire numérique est présentée, parfois par des machines qui peuvent se tromper.
De mon entrevue avec Isarta à l’ère de ChatGPT
Mon conseil à l’époque était de développer du contenu utile et crédible autour d’une personne ou d’une entreprise. En effet, effacer un article publié par un média reconnu n’était pas toujours réaliste. Il était parfois plus constructif de documenter les activités actuelles, les réalisations et le parcours réel de la personne concernée.
Il n’y a pas de trucs, pas de magie : une réputation numérique se construit avec du temps, des faits et de la crédibilité.
Aujourd’hui, ce principe demeure, mais la stratégie évolue. Un site personnel, un profil LinkedIn, des articles et des mentions dans les médias peuvent fournir des informations complémentaires. Toutefois, aucun de ces éléments ne garantit ce que ChatGPT ou Gemini répondra à une question particulière.
Le droit à l’oubli au Canada : quels recours au Québec ?
Contrairement à une idée répandue, le Québec prévoit certaines possibilités de demander la cessation de diffusion ou la désindexation de renseignements personnels. Depuis le 22 septembre 2023, l’article 28.1 de la loi québécoise sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé encadre ces demandes.
Ce droit n’est toutefois ni automatique ni absolu. Il peut notamment s’appliquer lorsque la diffusion contrevient à la loi ou à une ordonnance judiciaire. Il peut aussi s’appliquer en présence d’un préjudice grave pour la vie privée ou la réputation, sous réserve d’un équilibre avec l’intérêt public et la liberté d’expression. La Commission d’accès à l’information du Québec explique les critères et les démarches.
Par conséquent, pour un cas concret, il faut d’abord identifier qui détient ou diffuse l’information, puis vérifier le recours approprié. Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis juridique.
Peut-on effacer son nom de Google et de ChatGPT ?
Une demande peut parfois entraîner la suppression d’un contenu à sa source. Dans d’autres situations, on peut demander la désindexation d’un lien lié à son nom. Cela dit, un moteur de recherche peut continuer à montrer d’autres sources ou des copies d’une information.
Du côté de ChatGPT et des autres outils d’intelligence artificielle, la situation est différente. Une réponse peut provenir de résultats Web accessibles au moment de la question, ou être formulée à partir du fonctionnement du modèle. De plus, ces systèmes peuvent produire des erreurs. Il est donc important de vérifier leurs affirmations plutôt que de supposer qu’elles sont toujours exactes.
Pour approfondir, consultez mon article consacré au droit à la désindexation au Québec et à l’intelligence artificielle, qui met davantage l’accent sur les droits et les recours.
Comment gérer sa réputation numérique aujourd’hui ?
Je commencerais par un audit simple, sans chercher à manipuler les moteurs de recherche. Voici les étapes les plus utiles :
- Faire une recherche sur son nom. Vérifier Google, Google Images et les principaux résultats associés à son entreprise.
- Examiner les profils publics. Repérer les biographies dépassées, les anciennes publications et les informations contradictoires.
- Tester plusieurs moteurs IA. Poser les mêmes questions à ChatGPT, Gemini et d’autres outils, puis vérifier chaque affirmation importante.
- Rectifier les erreurs à la source. Contacter l’éditeur ou la plateforme concernée lorsque c’est possible et justifié.
- Publier des informations à jour. Présenter son expérience réelle, ses projets, ses réalisations et ses coordonnées.
- Suivre les résultats. Une réputation en ligne évolue; il est utile de refaire périodiquement cet audit.
En complément, j’explique comment les réseaux sociaux et l’IA transforment la réputation numérique. Tu peux aussi consulter mon article sur la gestion de la réputation en ligne.
Le référencement SEO reste important
Un bon référencement ne sert pas à cacher systématiquement des informations défavorables. Il contribue surtout à rendre accessibles des sources pertinentes et vérifiables. Ainsi, une biographie à jour, des pages bien structurées et des publications documentées peuvent mieux représenter une personne ou une entreprise.
Le travail sur la visibilité web, le SEO et l’intelligence artificielle fait donc partie d’une stratégie cohérente. Il aide les internautes à trouver des renseignements fiables, même si aucune technique ne peut garantir la manière dont une IA les résumera.
Peut-on vraiment disparaître d’Internet ?
Dans certains cas, il est possible de faire retirer ou désindexer des informations. Dans d’autres, la liberté d’expression, l’intérêt public ou les limites techniques rendent leur disparition difficile. Par ailleurs, des copies, des archives et des mentions indirectes peuvent persister.
Près de dix ans après mon entrevue avec Isarta, mon conseil reste semblable : avant de vouloir effacer son passé, il faut comprendre ce qui est public, ce qui est exact et ce qui peut réellement être corrigé. Ensuite, on peut construire une présence numérique qui reflète mieux la réalité d’aujourd’hui.
Pour échanger sur Google, les moteurs IA et la réputation numérique, écrivez-moi. Vous pouvez aussi découvrir mon parcours.